Le réseau Education sans frontières (RESF) s’organise à Marseille

samedi 14 janvier 2006
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Le réseau Education sans frontières (RESF) s’organise à Marseille

Rachel et Jonathan ont terminé leur cavale. Non, ces petits ne sont pas les enfants cachés de Jacques MESRINE abattu par les forces de l’ordre il y eut 26 ans ces jours-ci. Cachés, ils le furent pourtant trois mois durant, pour échapper à la police française.
L’histoire commence à la fin des années 90, en République Démocratique du Congo (RDC) où les guerres contre les pays voisins ont fait 2 millions de morts selon Amnesty International. Le mari de Barbe MAKOMBO disparaît avec quatre de leurs enfants. Sa femme, après avoir subi des persécutions, prend le chemin de l’exil avec ses quatre derniers enfants et s’installe à Sens (Yonne) en 2001.

Le 9 Août 2005, la police arrête Barbe MAKOMBO qui n’a pas de papiers en règle ainsi que ses deux cadets (10 et 12 ans). D’abord gardée à vue, Barbe est ensuite assignée à résidence dans un foyer de la Croix Rouge. Ses deux aînés, Rachel et Jonathan (14 et 15 ans) décident alors de prendre la fuite pour échapper au retour dans l’enfer de la RDC. La police lance immédiatement la chasse aux deux enfants dans le but d’expulser la famille réunie (alors qu’un mineur ne peut en aucun cas être considéré comme sans papiers). Après quelques jours d’errance, les enfants sont recueillis par des proches et un réseau de soutien s’organise : professeurs, élèves, militants...vont les héberger dans les semaines qui suivront et prendre de gros risques puisque aider ou héberger un sans papiers est maintenant un délit. La police multiplie alors les perquisitions et les visites domiciliaires et inquiète une journaliste, un pasteur et un enseignant du RESF.
Les affaires de ce genre se multiplient et la police française semble renouer avec son passé des grandes chasses des années noires : à Orléans, une malienne de 13 ans est menacée d’excision si elle est renvoyée en Côte d’Ivoire avec sa mère. A Beauvais, une jeune congolaise qui avait échappé à ses proxénètes, est déclarée majeure suite à un examen d’âge osseux, elle est donc menacée d’expulsion. A Bobigny, un marocain de 20 ans, risque 3 mois de prison pour refus d’embarquer afin de ne pas quitter toute sa famille. Et tant d’autres...La résistance des enfants de ceux que les juifs appelèrent les « justes » après la guerre s’organise au sein de collectifs tels RESF et c’est sans doute sous la menace de ce refus de l’ignominie que le ministre de l’Intérieur s’est engagé à ce que la circulaire qu’il envisage de publier, autorise les jeunes scolarisés et leurs familles à demeurer en France jusqu’à la fin de l’année scolaire (mettant ainsi un terme à la cavale de Rachel et Jonathan).

A Marseille, une antenne du réseau éducation sans frontières est née le 23 septembre 2005 sous l’impulsion de militants syndicaux, associatifs et avec le soutien de partis politiques. RESF a, de fait, pour vocation de protéger les élèves devenus majeurs qui n’ont pas réussi a obtenir de papiers et les élèves mineurs dont les parents sont sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF) ou dans une situation délicate et ce, de la maternelle à l’université. Mais comme l’indique l’appel fondateur de RESF du 26 juin 2004, l’esprit du réseau est plus généralement « d’agir pour les élèves concernés eux-mêmes, déjà souvent malmenés par des existences chaotiques : exilés, ayant parfois perdu un de leurs parents et traversé nombre d’épreuves. Il ne faut pas ajouter aux tragédies que sont les biographies de certains d’entre eux l’angoisse d’être expulsés d’un pays où ils avaient cru trouver un refuge. Mais agir aussi pour faire la démonstration aux yeux de nos élèves et de nos enfants, que les discours sur les « valeurs » ne sont pas des mots creux. Il est du devoir de tous ceux qui ont une mission éducative, à commencer par les personnels de l’Education et les parents, de montrer à la jeune génération qu’on dit sans repères, que la justice, l’altruisme, la solidarité, le dévouement à une cause commune ne sont pas des mots vides de sens. Et que certains adultes savent faire ce qu’il faut quand des jeunes sont victimes d’injustice ou plongés dans des situations intolérables ».
Des informations juridiques de base sont disponibles sur le site RESF* mais les situations individuelles souvent très compliquées, obligent les élèves en difficulté à être d’abord encadrés par des avocats et par la CIMADE (qui participe aussi à RESF). RESF intervient donc pour aiguiller un jeune isolé dans sa clandestinité ou pour médiatiser une situation désespérée pour laquelle tous les recours ont été épuisés. Comme le dit en effet le même texte fondateur de RESF : « La mobilisation des personnels, des élèves et des parents, de leur quartier, les relais qu’ils ont su trouver auprès de personnalités locales et nationales, de centaines d’anonymes aussi, l’écho que la radio, la télévision et la presse ont parfois donné à leur action ont permis d’arracher ces jeunes à la clandestinité ».
Il s’agit donc de construire à Marseille puis dans les Bouches du Rhône, un réseau de personnes dans chaque établissement, dans chaque CIO, susceptibles de donner l’alerte dans les plus brefs délais. Des réunions sont organisées chaque mois à la bourse du travail (Boulevard Nédelec) ou à Mille Bâbords (61 rue Consolat, 13001 Marseille) pour faire le point sur les cas en cours et organiser les actions, les rassemblements à mener et les communiqués de presse à produire. La prochaine réunion aura lieu le mercredi 14 décembre à 17h30 à la bourse du travail Pour participer à ce réseau, vous pouvez vous inscrire sur la liste de diffusion : resf13@no-log.org

RESF Marseille : resf13@no-log.org
RESF national : http://www.educationsansfrontieres.org (liste des organisations signatrices)

* Téléchargement du guide pratique :
http://www.educationsansfrontieres....

CIMADE : 8 bis Rue Cathala, 13002 Marseille
tél : 04.91.90.49.70
fax : 04.91.56.24.97
marseille@cimade.org


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