Enseignants stagiaires du 2nd degré : le guide syndical 2016-2017

Tout ce qu’il faut savoir pour ne pas se faire avoir !
lundi 22 août 2016
par  GUERDA
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Le métier d’enseignant est au cœur de nombreuses problématiques qui traversent la société et c’est justement cela qui en fait un métier à part ● Si cette première année sera certainement pour vous une expérience enthousiasmante, elle comportera aussi son lot de difficultés et d’interrogations ● Ce guide est là pour répondre aux questions qu’on se pose le plus couramment et vous donner quelques informations et conseils sur vos droits, ainsi que des pistes de réflexions à partir du projet que nous portons pour l’école et la société ●

A chaque rentrée, un des marronniers favoris des médias, est la baisse d’attractivité du métier d’enseignant : crise des vocations, dévalorisation de l’image du prof, et manque de performance de l’école française. Si ce constat peut sembler partagé par bon nombre d’enseignants, les bonnes questions ne semblent jamais posées. Nombreux sont les enseignants qui auraient pu fonder de grands espoirs dans les promesses électorales formulées par le candidat Hollande, qui faisait de l’Education Nationale la priorité affichée du gouvernement, à travers la création de 60000 postes, la réforme de l’éducation prioritaire et la revalorisation du métier.

Et pourtant, force est de constater que toutes les réformes engagées ne vont pas dans le sens d’une rupture avec les politiques libérales qui ont tant dégradé le système éducatif. Au contraire, même si certaines mesures nous font croire à une amélioration de la situation, elles demeurent en réalité calquées sur une politique de gestion de la pénurie budgétaire.

Concernant le recrutement des enseignants, la DEGESCO (Direction Générale des affaires scolaires) reconnait dans un rapport de juillet 2014, que les postes créés ne permettront pas de faire face à la croissance démographique et à la restauration d’une année de formation professionnelle de qualité. Elle confirme qu’en 2013, les « créations de postes » n’ont eu aucun effet sur le ratio entre nombre d’enseignants et nombre d’élèves. Elle prévoit qu’en 2014 cela va être encore pire. Dans le secondaire, l’équivalent de 1000 emplois en heures supplémentaires sont prévus pour faire face aux besoins non satisfaits par des postes. Sur le quinquennat ce rapport explique que la programmation de 60 000 postes supplémentaires ne sera pas réalisée. Dans le secondaire, c’est le recours aux contrats précaires qui essaiera de colmater les manques mais cela ne suffira même pas.

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Du côté de la formation, les annonces ministérielles ne répondent pas non plus aux espoirs qu’ont pu fonder les jeunes enseignantEs. La génération 2014 reste en partie sacrifiée comme l’illustre le cas de l’académie d’Aix Marseille, dans laquelle les enseignantEs stagiaires ont effectué leur rentrée dans la confusion la plus totale :

> obligation de valider une année universitaire de Master 2 (y compris pour les lauréats du concours interne ou les titulaires d’un Master 2)

> multiplication des statuts individuels impliqués par la masterisation

> formation inadaptée aux besoins

Tout ceci s’ajoute à de nombreux problèmes d’organisation (cours annulés, emplois du temps non communiqués, frais de déplacement non pris en charge…)

Dans de telles circonstances, comment s’étonner que les collègues soient presque dégoutéEs de leur nouveau métier après quelques semaines de service ? Pour le bien être des stagiaires et la qualité de l’enseignement qu’illes dispensent, nous sommes toutes et tous en droit d’exiger d’autres conditions de formation.

Malgrès quelques aménagements par rapport à 2014, la rentrée des stagiaires 2015 s’est inscrite dans la même lignée. Le décalage entre les espoirs fondés et la réalité des moyens mis à leur disposition, ont conduit beaucoup trop d’entre eux/elles à démissionner : certainEs accabléEs par lasurcharge de travail, d’autres envahiEs par le sentiment d’inutilité. S’il est particulièrment sain dans ce métier de se remettre en question, cela ne devrait jamais conduire à une perte totale de repères et de confiance en soi. Ajoutons à cela les dérives de la direction de l’ESPE qui persite à infantiliser les stagiaires en les enfermant systématiquement dans un statut d’étudiant. Nous le réaffirmons de manière déterminée : en tant qu’enseignants stagiaires vous êtes à 100% des salariéEs en formation.

Bien qu’elle soit généralement pertinente et précieuse, la formation dispensée autrefois dans les IUFM se retrouve parfois en décalage avec les conditions de travail des enseignantEs. Non, les pédagogies aussi innovantes soit elle, et que nous défendons, ne pourront pas compenser à elles seules les effets de la pénurie budgétaire. Ce manque de moyen affaiblit non seulement la formation dans ses contenus mais menace aussi son existence même. Il ouvre en effet la voie aux détracteurs les plus réactionnaires de toutes formes de didactique et au partisantE de l’école de grand-papa presséE de jeter le bébé avec l’eau du bain.

C’est pourquoi SUD éducation insiste sur le fait que ce n’est pas uniquement par leur investissement individuel et leurs pratiques professionnelles que les enseignantEs pourront changer l’école mais bien par une lutte collective pour une société égalitaire et solidaire.

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Vous trouverez ci-dessous en pièce jointe notre guide téléchargeable ainsi que notre tract de rentrée pour les enseignantEs stagiaires.



Documents joints

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22 mars 2016 - AG

Ag 18h-20h , au local de Solidaires

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18h au local Solidaires, 29 bd Longchamp