Laïcité à la française ?

lundi 18 janvier 2016
par  BEPC
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En ces temps où il est convenu de disserter sur la laïcité, où il est de bon ton de promouvoir cette même laïcité comme « valeur morale », où une ministre de l’Éducation nationale demande aux enseignantEs de faire signer par les familles de leurs élèves une « charte de la laïcité », voici un exemple du dévoiement, par l’institution elle-même, de ce qui devrait constituer un principe fondamental de liberté.

Le 13 juin 2013, Monsieur Sadok HADDAD, enseignant de langue et culture d’origine (ELCO tunisien) fait l’objet, de la part de Monsieur BENEFICE, DASEN en poste à cette date, d’une « demande de suspension à l’autorisation d’exercer » auprès du Consulat de Tunisie. Dans son courrier, le DASEN indique qu’il a été informé par la directrice de l’école Lurian 2 à Salon, où intervenait Monsieur HADDAD, qu’une vidéo diffusée sur « YouTube » le montre « en situation de prêcher en langue arabe, vraisemblablement au sein d’un mosquée. »

Même si cet enseignant, adhérent de SUD éducation, avait participé à un tel prêche, ce qui est loin d’être avéré, cela ressortirait d’une activité à caractère privé, n’interférant en aucune manière sur sa neutralité dans le cadre de son lieu de travail.

Pour ce qui le concerne, notre camarade réfute toute manifestation à caractère religieux de sa part au sein des établissements des Bouches-du-Rhône où il a pu exercer sans le moindre incident depuis 1990. D’ailleurs, la directrice de Lurian 2, qui a accepté de rencontrer, le 22 novembre 2013 , deux de nos représentants syndicaux , a parfaitement admis n’avoir jamais constaté le moindre prosélytisme chez Monsieur HADDAD.

Toujours dans son courrier au Consul de Tunisie, Monsieur BENEFICE affirme qu’ « il n’est pas concevable qu’un acteur du mouvement religieux puisse assurer des enseignements au sein de notre système éducatif. » Quand bien même Monsieur HADDAD aurait des opinions religieuses, quand bien même il les exprimerait en dehors de son lieu de travail, la Constitution française et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen lui en garantissent le droit, tout autant que le principe de laïcité auquel il est si souvent fait référence dans l’Éducation nationale. Dès lors que notre collègue a respecté la neutralité à laquelle ses fonctions l’obligent dans un établissement du service public, il n’a commis ni faute ni acte répréhensible et ne mérite donc pas une telle suspension.

Cette décision , qui le prive de revenus et qui lui fait perdre le bénéfice du logement de fonction que la municipalité de Salon avait mis à sa disposition, est pour le moins injustifiée et s’apparente à de la discrimination.

Notre camarade, à titre personnel, a envoyé plusieurs courriers aux différents représentants de notre administration (ministère, rectorat, inspection académique) pour demander que sa situation soit reconsidérée, sans succès. SUD éducation est intervenu auprès de l’Ambassade de Tunisie et a adressé en novembre une demande d’audience au DASEN allant dans le même sens, pas de réponse...

Cette indifférence méprisante est de plus en plus insupportable. Dénoncer l’arbitraire de cette décision ou l’atteinte aux droits et à la liberté de chacunE ne suffit plus, cette injustice doit être médiatisée et il nous faut organiser une large mobilisation afin que la situation de Sadok soit reconsidérée au plus vite en vue d’une réintégration dans ses fonctions.


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20 juin 2016 - AG SUD éducation - 18h - local de Solidaires, 29bd longchamp

22 mars 2016 - AG

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14 janvier 2016 - AG Sud education

18h au local Solidaires, 29 bd Longchamp