Retraites / L’état de mobilisation permanente est déclaré !

Communiqué de SUD éducation 13
dimanche 9 février 2020
par  GUERDA
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Huit semaines, voilà huit semaines maintenant que le combat pour la défense de nos retraites a été engagé. Huit semaines de grèves, d’actions, et d’initiatives sans cesse renouvelées et ré-inventées avec des initiatives comme #AlorsOnReste ou le succès inédit de la mobilisation contre les E3C. Huit semaines et désormais une certitude : ce mouvement est solidement ancré et dans les secteurs en lutte comme l’éducation, il n’est vraiment pas prêt de s’éteindre. L’état de mobilisation permanente est déclarée !

Un mouvement soutenu massivement et dans la durée

N’en déplaise au gouvernement et au ministère qui fantasme un soutien de 99,9 % de la profession à son projet, les personnels de l’éducation ne lâche pas le morceau. Face à cette détermination, et alors que les manipulations en tous genres ne passent plus, Jean-Michel Blanquer a décidé de sortir l’artillerie lourde. Le ministère a en effet choisi d’appliquer l’arrêt Omont sous sa forme la plus stricte pour intimider et punir les grévistes. Dans la foulée, le Recteur de l’académie d’Aix-Marseille lui emboite le pas et fait sien un courrier vengeur qui fait des personnels mobilisés des ennemis de l’institution. Ne nous y trompons pas, si Blanquer et son administration perdent leurs nerfs c’est bien que notre mouvement a de quoi les déstabiliser. Leurs arguments ne trompent personne et même le conseil d’état retoque le projet en trompe l’oeil de revalorisation salariale. Peu importe, les personnels de l’éducation sont massivement convaincus de la nécessité d’obtenir le retrait pure et simple d’un projet de loi qui va bien au-delà de la seule question des retraites. Nous nous battons tous non seulement pour une retraite juste et à la hauteur mais aussi pour tout le projet de société qui va de paire. C’est d’ailleurs ce que la population a bien compris puisque près de 70 % des interrogés selon… continue de se déclarer favorable à la poursuite de la mobilisation, un résultat inédit après plus deux mois de lutte.

Une stratégie de grèvilla jusqu’en mars

Les journées de grève de ces dernières semaines ont prouvé que les personnels de l’éducation à l’image d’une partie de plus en plus important du monde du travail était placé en état de mobilisation permanente. Chaque semaine le cortège de l’éducation voit dérouler inlassablement un flot continue et impressionnant de banderoles d’écoles et d’établissements. Les personnels contournent désormais l’arrêt Omont et reconduise la grève aux grès des actions et des journées de manifestation interprofessionnelles. C’est d’ailleurs dans ce sens que doit s’orienter désormais notre stratégie de lutte : la grève articulée à des actions de blocages. Dans l’éducation ce sont les E3C qui ont concentré une grande partie de nos efforts. La mise en place du Bac inégalitaire de Jean-Michel Blanquer ne doit pas avoir lieu. Ces épreuves anticipées du bac qui comptent pour le contrôle continue font l’objet de très fortes contestations dans une très large partie des lycées. Dans de très nombreux établissements, les collègues des lycées avec l’appui de personnels grévistes des collèges et des écoles se sont très fortement mobilisés. Partout les piquets de grèves ont fleuri tout comme les blocages de lycéen-nes, qui malgré la présence policière ne sont pas démontés. Dans bien des cas, malgré les menaces de sanction et de 0/20 illégaux, ils ont refusé massivement de composer. En ne se laissant pas impressionner, c’est à nous qu’ils ont donné une leçon.

E3C, mobilisation sans précédent, camouflet pour le ministère et première victoire pour l’éducation !

Comme partout en France, les annulations se sont succédées les unes après les autres dans notre département malgré l’obstination irrationnelle de la hiérarchie et de nombreuses dérives. Une mobilisation telle qu’elle a conduit finalement le ministère à reculer piteusement. Pour le ministère c’est un véritable camouflet qui en appelle d’autres. Il faut dire que la charge symbolique est forte tant ce nouveau bac incarne les inégalités promues par le système scolaire de l’ère Blanquer. Ce combat contre les E3C est emblématique de celui que nous menons contre la casse du service public d’éducation. Il est aussi stratégique car c’est également un moyen concret de bloquer notre institution. Les E3C annulés sont un peu pour les personnels de l’éducation ce que les trains restés cloués en gare sont pour nos camarades cheminot-es ! A nous d’enfoncer le clou en nous rassemblant massivement devant le lycée Thiers le lundi 10 février à l’appel des collègues de l’établissement et en rappelant haut et fort qu’à travers le rejet des E3C c’est bien le retour à un bac national que nous revendiquons !

Le ministère s’attaque encore une fois à nos moyens

Ce serait là une première victoire mais pas la fin du combat. Dans le second degré, les DGH (moyens horaires pour les établissements) s’annoncent douloureuses. Nous le savons déjà plusieurs établissement placés en éducation prioritaire perdent des heures pourtant essentielles à leur bon fonctionnement. Là encore pour les collègues il faudra privilégier la réponse collective plutôt que la négociation au cas par cas tout en faisant le lien avec la mobilisation sur les retraites car là encore c’est aux plus fragiles de la population qu’on s’en prend. Partout il s’agit de lutter contre la confiscation du bien public, que ce soit dans la défense de nos protections collectives, dans la défense d’un système scolaire égalitaire, dans la défense des moyens qui y sont nécessaires. 

De nouveaux secteurs dans la lutte !

Les prochaines semaines avec les congés scolaires qui se profilent seront l’occasion pour nous toutes et tous de remplir les caisses de grève d’organiser l’action en donnant un nouveau souffle puissant à notre secteur. Le mois de mars s’annonce être décisif et dans beaucoup de secteurs la reconductible se préparent à nouveau. Mais cette fois cela se fera avec de nouveaux fronts de lutte comme celui de l’enseignement supérieur par exemple. Les étudiants longtemps attendus et les personnels de l’université et de la recherche multiplient les coordinations et les AG massives.

Lors de la rentrée des vacances d’hiver, toutes ces forces convergerons dans l’organisation d’une semaine noire à compter du 9 mars. De quoi faire claquer des dents le gouvernement !