Communiqué / Face aux braqueurs d’avenir, défendons une école égalitaire dans une société solidaire !

Communiqué de SUD éducation 13
jeudi 27 février 2020
par  GUERDA
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S’il y a bien une chose de positive avec Jean-Michel Blanquer c’est la constance et la cohérence de ses actions. En harmonie parfaite avec son gouvernement, ce dernier décline à merveille dans l’Education Nationale, les politiques de démantèlement du service public, de renforcement des inégalités territoriales, de dégradation de nos conditions de travail menée par Emmanuel Macron.

DGH, défendons l’éducation prioritaire et battons nous pour des moyens à la hauteur des besoins.

Le budget de l’Education Nationale pour la rentrée 2020 sont en baisse. (en est la plus simple illustration). Les moyens attribués dans le département sont non seulement globalement très insuffisants par rapport aux besoins mais se font en plus de cela essentiellement les élèves les plus en difficulté socialement. Dans les collèges du département alors que 1264 élèves de plus sont attendus, seuls 21 postes sont créés alors qu’il en faudrait 86 pour maintenir un niveau d’encadrement équivalent. Les établissements REP+ sont ceux qui souffrent le plus de la coupe budgétaire. Pour la deuxième année consécutive, ils voient leurs moyens diminuer drastiquement. Ce sont 36 heures qui sont volées au collège Edgar Quinet, tandis que les collèges Edmond Rostand et Auguste Renoir se voient floués respectivement de 30h et 26 heures. Aucun établissement d’éducation prioritaire n’y échappe vraiment. Ceux qui voient leurs heures maintenues sont aussi ceux qui voient des classes ouvrir ou leurs effectifs considérablement augmenter. Lorsqu’on convertit le tout en nombre d’heures annuelles, les conséquences apparaissent encore plus clairement. Pour le collège Henri Wallon, comme pour le collège Massenet ce sont 1080 heures qui disparaitront pour l’année 2020/21. Les dédoublements, les co-interventions, les projets spécifiques aux établissements n’y survivront pas. Le discours académique est au diapason de celui du ministère. Il faut faire « preuve de solidarité avec les établissements non-classés ». Seuls ces derniers bénéficient, au détriment des REP+, de quelques heures à peine suffisantes pour leur redonner un peu d’air. L’augmentation démographique n’est pas un fantasme mais une réalité bien concrète qui a des conséquences en terme de vie scolaire (lutte contre le décrochage scolaire, effectifs par classe, effectifs par établissement). Cette hausse était attendue et prévisible mais à moyens quasiment constants, elle ne peut pas être absorbée. Ce sont donc les élèves qui connaissent les situations les plus précaires et les personnels qui en payeront le prix.

Pour les personnels de l’éducation prioritaire c’est une alerte de plus quant à l’avenir qui les attend. Le ministre a certes retardé l’annonce de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire à 2020, mais il avance déjà ses pions : le rapport Mathiot-Azéma publié en 2019 annonce la couleur puisqu’il entend tout simplement remettre complètement à plat la politique d’éducation prioritaire. Si le ministère décide de suivre ce dernier, les REP seraient définitivement rayés de la carte tandis que les personnels en REP+ verraient leurs garanties statutaires remises en cause (recrutement sur profil, rémunération au mérite). Le projet prévoit même de faire une plus grande place aux académies dans la politique d’éducation prioritaire. Sans mesure forte du ministère, cette dernière mesure risque tout bonnement de conduire à un nouvel effacement budgétaire.

E3C, ne lâchons rien pour un bac égalitaire !

Si le nom de Mathiot vous dit quelques choses c’est parce qu’il est aussi l’auteur du rapport sur le Bac qui a inspiré la réforme Blanquer. C’est dire si ce dernier s’y connaît en terme d’inégalités territoriales. Les E3C en sont l’exemple le plus criant et l’instauration d’une part très importante de contrôle continu met en place un bac maison, renforçant la dimensions ségrégative liée aux établissements d’affectation. C’est l’une des raisons qui a poussé de très nombreux lycées à s’opposer à la tenue des E3C en janvier-février. Le nombre considérable d’annulation qu’a entrainé la mobilisation est un camouflet pour le ministère qui, pour maintenir coute que coûte la tenue des épreuves, a fermé les yeux sur des dérives auparavant inadmissibles dans une institution comme l’éducation nationale. Ce jusque-boutisme ne s’arrête malheureusement pas là puisque les chefs d’établissement organiseront de nouvelles épreuves à la rentrée. Là encore personnels, lycéens, parents devront remettre le couvert face à un ministère qui s’obstine à rebours de tout bon sens.

Défendons à tous les niveaux les principes de justice sociale et de redistribution des richesses.

Dans l’éducation comme au niveau interprofessionnel, les politiques gouvernementales et ministérielles ne visent qu’un objectif idéologique : la confiscation du bien public à travers l’austérité budgétaire et l’accaparement des richesses. Systématiquement, il s’agit de s’attaquer aux plus faibles, aux plus pauvres, à celles et ceux qui subissent déjà le plus d’inégalités sociales. Que ce soit à travers la réforme des retraites ou dans l’attaque en règle d’une école publique et égalitaire, c’est à la redistribution des richesses que s’en prend le gouvernement. C’est la raison pour laquelle nous, personnels de l’Education, sommes particulièrement mobilisés depuis des mois. Nous opposons un refus catégorique à toutes ces réformes qui ne promettent qu’inégalités, dégradations des conditions de vie et de travail.

Parce que nous portons chevillé au corps les principes de la justice sociale, nous devons poursuivre le combat en cours. Celui-ci passe par une mobilisation sur des questions propres à l’éducation mais qui doivent être liées avec notre mouvement pour la défense de nos retraites. La question des retraites cristallise de nombreuses colères ce qui explique que la mobilisation actuelle soit aussi forte. Le mois de mars sera décisif et consacré à la construction une mobilisation forte dans tous les secteurs jusqu’à la convergence interprofessionnelle et au ras-de-marée social. Le 31 mars est la date retenue par les organisations syndicales pour démarrer une semaine noire de mobilisation. A nous d’en faire un temps encore plus fort que le 5 décembre, l’avenir nous l’impose !