DHG / Rendez les heures !

Communiqué de SUD éducation 13
samedi 29 février 2020
par  GUERDA
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Début février, les DGH sont tombées dans notre académie. Comme ailleurs les moyens attribués dans notre département sont non seulement globalement très insuffisants par rapport aux besoins, mais les coupes se font plus de cela sur les élèves les plus en difficulté socialement. En cela le ministère suit parfaitement la politique gouvernementale et poursuit le même projet de confiscation des richesses publiques.

Les établissements REP+ sont attaqués

Dans les collèges du département alors que 1264 élèves de plus sont attendus, seuls 21 postes sont créés, alors qu’il en faudrait 86 pour maintenir un niveau d’encadrement équivalent. Les établissements REP+ sont ceux qui souffrent le plus de la coupe budgétaire. Pour la deuxième année consécutive, ils voient leurs moyens diminuer drastiquement. Ce sont par exemple 36 heures qui sont volées au collège Edgar Quinet, tandis que les collèges Edmond Rostand et Auguste Renoir se voient floués respectivement de 30 et 26 heures. Aucun établissement d’éducation prioritaire n’y échappe vraiment. Ceux qui voient leurs heures maintenues sont aussi ceux qui voient des classes ouvrir ou leurs effectifs considérablement augmenter. Lorsqu’on convertit le tout en nombre d’heures annuelles, les conséquences apparaissent encore plus clairement. Pour le collège Henri Wallon, comme pour le collège Massenet ce sont 1080 heures qui disparaitront pour l’année 2020/21. Les dédoublements, les co-interventions, les projets spécifiques aux établissements n’y survivront pas, des collègues seront victimes de mesures de carte scolaire, ou devront effectuer des compléments de service. Dans bien d’entre ces établissements, ces projets étaient le fruit d’une élaboration patiente de terrain. Le discours académique est au diapason de celui du ministère. Il faut faire « preuve de solidarité avec les établissements non-classés ». L’hypocrisie se joint à la mauvaise foi ou au cynisme, c’est selon.

Mise en concurrence des établissements, des élèves, des personnels

Seul un nombre restreint d’établissements non classés bénéficient en effet, au détriment des REP+, de quelques heures de plus, mais à peine suffisantes pour leur redonner un peu d’air. L’augmentation démographique n’est pas un fantasme mais une réalité bien concrète qui a des conséquences en terme de vie scolaire (lutte contre le décrochage scolaire, effectifs par classe, effectifs par établissement). Cette hausse était attendue et prévisible mais à moyens quasiment constants, elle ne peut pas être absorbée. Ce sont donc les élèves qui connaissent les situations les plus précaires et les personnels qui en payeront le prix. L’organisation intentionnelle de la pénurie par notre gouvernement à travers sa politique d’austérité et la gestion de la misère qui s’en suit par les services locaux de l’éducation nationale entraînent nécessairement une mise en concurrence. L’administration trouve-t-elle satisfaisant d’opposer les élèves et les personnels entre eux ? Quelle conclusion nous est-elle suggérée par cette façon de procéder ? Que certain-es élèves ne mériteraient au final pas tant que ça les moyens mis à leur disposition ? Cette logique conduit insidieusement à la remise en cause pure et simple de la nature même du principe d’éducation prioritaire. C’est d’ailleurs le projet du ministère.

Une remise en cause de l’éducation prioritaire

Pour les personnels de l’éducation prioritaire ces DGH en baisse sont une alerte de plus quant à l’avenir qui les attend. Le ministre a certes retardé l’annonce de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire à 2020, mais il avance déjà ses pions : le rapport Mathiot-Azéma publié en 2019 annonce la couleur puisqu’il entend tout simplement remettre complètement à plat la politique d’éducation prioritaire. Si le ministère décide de suivre ce dernier, les REP seraient définitivement rayés de la carte tandis que les personnels en REP+ verraient leurs garanties statutaires remises en cause (à travers le recrutement sur profil,la rémunération au mérite). Le projet prévoit même de faire une plus grande place aux académies dans la politique d’éducation prioritaire. Sans mesure forte du ministère, cette dernière mesure risque tout bonnement de conduire à un nouvel effacement budgétaire et à des priorités qui sont tout autres. Les établissements pourraient alors voir leurs moyens contractualisés, c’est à dire attribués sous réserve de certaines conditions, plus seulement sur la base des critères sociaux et territoriaux.

Alors comment se battre ? Ensemble, pour les moyens de chacun-e !

Les personnels des établissements d’éducation prioritaire mais aussi celles et ceux des collèges et des lycées non-classés (ou qui ne le sont plus…) doivent réagir ensemble pour récupérer les moyens qui appartiennent à leurs élèves et dont ils ont besoin. Pour cela il est important de réaffirmer les principes même de l’éducation prioritaire et d’opposer une logique tout autre aux projets du ministère. Les personnels déciderons eux-même de la marche à suivre lors des AG d’établissements auxquelles nous appelons. Néanmoins nous les invitons à fédérer les mobilisation et à se battre ensemble au-delà des murs de leurs établissements respectifs. Plutôt que d’aller négocier seulement établissement par établissement, les militant-es de SUD éducation 13 porteront une démarche collective. Se battre tous ensemble, c’est exiger des moyens à la hauteur pour chacun-e de nos élèves, tandis que se battre individuellement risque de revenir, malgré nous, à entériner les logiques de concurrence entre les établissements, entre les personnels, entre les élèves.

Une école égalitaire dans une société juste et solidaire

Dans l’éducation comme au niveau interprofessionnel, les politiques gouvernementales et ministérielles ne visent qu’un objectif idéologique : la confiscation du bien public à travers l’austérité budgétaire et l’accaparement des richesses. Systématiquement, il s’agit de s’attaquer aux plus faibles, aux plus pauvres, à celles et ceux qui subissent déjà le plus d’inégalités sociales. Que ce soit à travers la réforme des retraites ou dans l’attaque en règle d’une école publique et égalitaire, c’est à la redistribution des richesses que s’en prend le gouvernement. En cela notre mobilisation sur la question des moyens doit faire le lien avec la mobilisation pour la défense de nos retraites. Puisque les mêmes logiques sont à l’oeuvre, notre action elle aussi doit être cohérente.

SUD éducation 13 appelle les personnels à se mobiliser dès la rentrée pour construire une mobilisation la plus large possible. SUD éducation 13 appelle les personnels à se joindre massivement à la grève du mardi 10 mars et à faire de toute la semaine du 9 au 13 mars une semaine totale de mobilisation en se joignant aux différentes initiatives.


Programme de mobilisation pour les semaines à venir :

  • Semaine du 2 au 6 mars - informations aux parents, mobilisation des collègues, coordination entre établissements, tournées.
  • Mardi 10 mars - Grève intersyndicale éducation sur les DGH
  • Mercredi 11 mars - Rep’athon, faîtes passer la flamme de l’éducation prioritaire.

Boite à outils DGH !

Pour celles et ceux qui en aurait besoin n’hésitez pas non plus à consulter le vade-mecum de la Fédération SUD éducation pour comprendre, analyser et réagir collectivement à votre DGH.

> Télécharger le vademecum spécial DGH collèges et lycées


Documents joints

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