Ouverture des écoles et des collèges / Accueil des enfants, oui mais à quel prix ?

Courrier à la Mairie de Marseille et à la DSDEN 13
mardi 7 avril 2020
par  GUERDA
popularité : 3%

SUD éducation 13 répond à la communication municipale de la ville de Marseille et de son maire Jean-Claude Gaudin au sujet de l’accueil des enfants des personnels soignants dans les écoles de la ville. Nous tenions à lui rappeler au delà des intentions affichées qu’il y a une nécessité absolue à respecter : la santé des agent-es, des enfants et des personnels soignant-es.

Monsieur le Maire de Marseille,
Monsieur le DASEN des Bouches-du-Rhône,

Nous avons pris connaissance du message vidéo de Monsieur le maire de Marseille, qui se félicite de la mobilisation des agentEs territoriaux dans cette période si exceptionnelle que nous vivons tousTEs. Sur le terrain, nous constatons également leur présence qui est essentielle dans la garantie des conditions d’accueil des enfants et des adultes. Tout comme eux, les personnels de l’Education Nationale sont pleinement engagéEs dans cet accueil des enfants de soignantEs. En témoigne le nombre important d’enseignant-es et collègues directeurs et directrices qui travaillent tous les jours sur les écoles de Marseille depuis le 16 mars dernier.

Nous considérons, tout comme vous, qu’il est nécessaire d’être solidaires de nos collègues personnels soignants et ne remettons pas en cause l’élargissement de l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise en ces temps d’urgence sanitaire.

Pour autant, cet accueil doit se faire dans des conditions qui respectent les conditions de sécurité sanitaires évidentes, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement. A ce titre, nous demandons :

  • Que l’accueil des groupes d’élèves soit restreint à 4 enfants et unE enseignantE par salle de classe, conformément aux recommandations du ministre de la santé qui préconise ne pas rentrer en contact avec plus de 5 personnes par jour.
  • De n’accueillir que les enfants de soignantEs ou personnes indispensables qui sont en situation de monoparentalité ou dont le-la conjointE est dans la même situation comme les textes en prévoient la possibilité.
  • Que les enseignantEs volontaires soient affectéEs au plus près de chez eux-elles pour ne pas utiliser les transports en commun.
  • Que les enseignantEs volontaires reçoivent pour chaque déplacement des ordres nominatifs écrits (ordre de mission avec prise en charge des frais de transport si besoin).
  • Que la rotation de personnels soit la plus faible possible (en tout état de cause pas des demies- journées).
  • Une désinfection des locaux et du matériel deux fois par jour pour se protéger.
  • Que l’administration (Etat ET collectivité territoriale) fournisse le matériel nécessaire à la protection sanitaire (masque, savon, gel hydroalcoolique, tests) des personnels et des élèves.
  • Une prise en charge par les services municipaux pour le temps du midi (repas et encadrement des enfants)

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur ce qui va se passer durant les vacances de printemps du 11 au 26 avril. Ainsi que l’a demandé l’intersyndicale nationale à Monsieur le ministre, « Il est [...] nécessaire que vous affirmiez clairement aux enseignantEs comme aux familles, que les vacances scolaires doivent être un temps de repos et de coupure. Faisons confiance aux équipes pour maintenir le lien éducatif avec leurs élèves et les familles. »

Nous attendons donc des consignes claires concernant cette période, aussi bien de la part de Monsieur le Maire concernant l’accueil des enfants dans les écoles de Marseille, que de la part de Monsieur le Directeur académique concernant le temps de repos nécessaire des personnels durant les vacances.

Enfin, nous tenions à vous interpeller sur les difficultés sanitaires et sociales graves que certaines familles de nos établissements scolaires connaissent actuellement. Si celles-ci ne sont pas une découverte pour nous, elles sont exacerbées et aggravées depuis le début du confinement et la fermeture des écoles.Nous constatons dans les quartiers les plus défavorisés de Marseille, les insuffisances criantes des services publics, qui sont comblées par des élans de solidarité entre habitantEs et professeurEs et militantEs associatifs, ainsi qu’en témoigne le développement des cagnottes d’aide alimentaire et sanitaire aux plus démuniEs.