Construire une autre école

samedi 8 novembre 2008
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SUD éducation se réclame de l’héritage historique d’un syndicalisme de rupture avec la société capitaliste.
SUD éducation s’appuie sur un mode de fonctionnement autogestionnaire, antiautoritaire et démocratique préfigurant une autre société.
Notre intervention, comme professionnels de l’éducation, enseignants et non-enseignants, mais aussi hors de l’école, doit être en adéquation avec ce projet syndical alternatif.

L’école ne devrait être la propriété de personne : ni des
enseignants, ni des parents, ni de l’Etat. C’est en ce sens que nous devons favoriser la reprise en main, par tous les acteurs du mouvement syndical et social, de la réflexion autour de l’école en France en général, et d’une possible alternative au modèle d’école actuel, héritage de l’école républicaine, comme au nouveau modèle qui émerge. Nous nous situons comme héritiers de la réflexion et de la pratique pour une éducation populaire (1ère internationale, Commune de Paris, CGT d’avant 1914,Espagne révolutionnaire,...). La réflexion sur l’école ne doit plus être
l’apanage du seul gouvernement, de ses experts, et de quelques
intellectuels plus ou moins informés.

Nous nous situons également aux côtés de militants pédagogiques, qui, loin de se cantonner dans la simple technicité de l’éducatif, inscrivent leur réflexion et leur action dans un projet de remise en cause des valeurs sur lesquelles se fonde la société capitaliste.

Nous sommes résolument hostiles à la culture du profit, à la
compétition de tous contre tous, à la hiérarchisation des savoirs et des individus, à l’autoritarisme dans les relations adultes-enfants.
Le projet libéral, concevant les individus comme des
marchandises, l’école comme un marché, ne pose comme unique
finalité scolaire que l’employabilité de chacun. Il s’appuie sur la soi-disant responsabilité individuelle concernant l’échec ou la réussite des élèves (et des enseignants et des parents) pour nier les responsabilités des politiques mises en place. La reproduction sociale et le tri perdurant, les libéraux peuvent ainsi justifier la privatisation du service public.

C’est dans cette perspective que le marché de l’éducation constitue un enjeu majeur pour les libéraux : "SMIC culturel et éducation à la citoyenneté (pacification)" pour la masse destinée au chômage complet ou à la précarité, à la charge de l’Etat, privatisation sous différentes formes des enseignements diversifiés et professionnalisés pour les autres, filières l’élite, classes "CAMIF" et consumérisme exacerbé des familles dans le second degré, marché de l’édition et des nouvelles technologies vont dans le même sens.
Les projets de libéralisation des services (Accord Général sur le Commerce des Services, dont la santé et l’éducation) programmés par l’OCDE sont d’actualité et cohérents avec les politiques promues par l’OMC.
Il s’agit pour nous d’œuvrer ici et maintenant, à la formation
d’individus libres, capables de réfléchir et d’agir en collectivité,capables de penser le monde qui les entoure, de le soumettre à leur regard critique, et de combattre la société capitaliste qui leur est imposée comme modèle prétendu indépassable. Bien sûr Sud éducation se positionne contre le socle commun qui appauvrit les programmes et fait disparaître tout esprit critique. Ce chemin est possible en développant pour les années à venir la réflexion collective.