Retour sur la RIS du 27 janvier 2011 (Parmentier)

Rien que des joyeusetés, à faire connaître rapidement à vos collègues !
vendredi 4 février 2011
par  MR
popularité : 1%

1. Carte Scolaire 2011-2012 :

Au Comité Technique Paritaire Académique du 18 janvier, le Recteur a annoncé la répartition des 98 suppressions de postes dans notre académie. Notre département va devoir en rendre 65 dont 2 postes d’intervenants L.V. (- 7 pour le 04 ; - 6 pour le 05 et - 20 pour le 84). Moins 3967 en France pour le 1er degré. Le nombre d’élèves attendus dans les écoles des BdR en septembre 2011 est en augmentation (+ 1065). La carte scolaire aurait dû entrer dans sa phase active de préparation MAIS le ministère de l’Education Nationale a donné pour consigne aux recteurs de repousser toute annonce publique des décisions de carte scolaire après les résultats des élections cantonales des 20 et 27 mars 2011. Les nouvelles dates des groupes de travail de CTPD ne sont pas connues à ce jour (c’était prévu mi- février). Ce report, dont le but est de ne pas fâcher les électeurs, ne manquera pas de faciliter la rentrée et le mouvement !

2. Rythmes scolaires : où en est-on ?

Le comité de pilotage mis en place lors de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, a remis son rapport de synthèse à Luc Chatel le 25 janvier 2011. En mai prochain, il lui remettra des propositions concrètes à travers un rapport d’orientation. Un calendrier d’application sera alors présenté.

Résumé du rapport (pour le rapport complet : Voir http://www.education.gouv.fr/cid54774/rythmes-scolaires-remise-du-rapport-de-synthese-du-comite-de-pilotage.html) :

A retenir : - Des horaires et une charge de travail à adapter au niveau d’enseignement
- Une journée moins lourde et non pas nécessairement moins longue :
- Une semaine à rééquilibrer dans le primaire mais est-ce en quatre jours, quatre jours et demi ou cinq jours ?
- Un 7/2 (sept semaines de travail, deux semaines de repos) à rendre effectif : le calendrier des vacances est loin de faire consensus mais on s’accorde toutefois sur l’objectif à privilégier : "Il faut se rapprocher du 7/2".
- Des vacances d’été en débat : les organisations auditionnées sont partagées, les avis sur le web également, mais une diminution serait envisageable si elle entraînait une meilleure alternance des temps de travail et des temps de vacances.
- Des programmes à revoir mais dans quelle direction ?
- Enseignant : un métier qui doit évoluer, mais comment ? Les pistes proposées divergent : nouvelles missions des enseignants ? Temps de présence accru dans l’établissement ? Des évolutions seraient envisageables pour les syndicats si elles produisaient une réelle amélioration des conditions de travail.
- Un cadrage national qui se décline selon une gamme étendue : un cadre national strict ; un cadre national mais avec une prise en compte des contraintes locales ; un cahier des charges national et une grande marge d’autonomie aux établissements.

En bref, des constats souvent déjà faits (le plus drôle étant que la semaine de 4 jours est néfaste. Qui l’a imposée, déjà ????) mais qui vont mener à quoi ? En prétendant être soucieux de l’enfant, le Ministre ne trompe personne : ce sont encore une fois les lobbies qui décideront, le secteur du tourisme en particulier, qui mettra dans la balance sa volonté de voir les vacances d’été étalées sur plusieurs zones du 15 juin au 15 septembre. [NB : Christian Forestier, co-président du comité de pilotage, appartient à l’Institut Montaigne, un think tank libéral, qui se prétend indépendant mais est financé par des grands groupes, parmi lesquels AXA, Servier, Areva, Barclay, Bolloré, Pierres et Vacances, Veolia, Vivendi, Voyageurs du Monde, etc…C’est sûrement un hasard !]

On peut s’inquiéter de la présence, sous prétexte d’une réflexion globale, de deux paragraphes sur les programmes, « à revoir » et sur le métier d’enseignant qui doit « évoluer ». Il va falloir être vigilant sur les nouvelles missions et le temps de présence accru des enseignants…

3. Mobilité dans la Fonction Publique : le savez-vous ?

Un décret d’application de la loi du 3 août 2009 sur la mobilité des fonctionnaires prévoit que tout fonctionnaire "dont l’emploi est supprimé dans le cadre d’un projet de réorganisation ou d’évolution d’activité du service" se verra proposer un nouveau poste. S’il refuse trois de ces offres, il sera "mis en disponibilité", sans travail, mais surtout sans salaire. Le prétexte est de moderniser la fonction publique en facilitant le passage d’une administration à une autre. Traduisez faire des économies sur le dos des fonctionnaires. Eric Woerth, alors ministre du Budget et de la Fonction publique trouve ça normal : "Dans cette loi, il y a un dispositif qui dit que si un fonctionnaire se retrouve sans affectation particulière [...], alors il a droit à une reconversion, à une formation individuelle, ce qui n’existait absolument pas avant", a-t-il poursuivi. "Si la personne refuse, c’est qu’au fond elle n’a plus envie de travailler dans l’administration" et il n’y a "pas de raison que l’administration continue à ce moment-là à payer", a-t-il ajouté. Si on met ça en relation avec la possibilité pour l’administration de faire appel à des intérimaires et au buzz savamment orchestré sur l’emploi à vie des fonctionnaires (proposition de loi déposée par le député Jean-François Mancel (UMP) pour "réserver le statut de la fonction publique aux agents exerçant une fonction régalienne". Cela conduirait à faire basculer 4.600.000 emplois - soit environ 87% du total- sous le régime du contrat. ), on voit bien que l’on a du souci à se faire pour notre statut !

4. Le rapport REISS : socle commun et modernité ?

Ce rapport donne une idée de l’orientation de ce qui attend le 1er degré. Il prévoit de :
- revoir l’organisation territoriale du service public de l’éducation, notamment en consolidant les regroupements d’écoles
- Laisser expérimenter les établissements publics du primaire (E2P, ex-EPEP)
- Placer le contrat éducatif au centre du pilotage de proximité
- S’appuyer sur les leaders pédagogiques, les directeurs d’école
- Créer un observatoire des bonnes pratiques
- S’engager sans tarder dans la perspective de futures écoles du socle commun
- Conclure un pacte éducatif entre services de l’État et collectivités
- Améliorer le poste de pilotage en recentrant les inspecteurs de l’Éducation nationale sur leur cœur de métier (entendez l’inspection)

Préparez-vous à des échanges de service entre le 1er et le 2nd degré, comme cela a déjà été proposé à des enseignants du 1er degré "en surnombre" (RASED, remplaçants, conseillers pédagogiques) : le député Frédéric Reiss estime qu’il convient de réorganiser les structures pédagogiques des 1er et 2nd degrés pour tirer toutes les conséquences de la réforme votée par le Parlement en 2005. « De manière plus profonde et plus prospective, le socle commun des connaissances et de compétences couvrant la scolarité obligatoire, n’est-il pas logique d’envisager, pour des raisons d’efficacité pédagogique évidentes, de regrouper, dans un avenir pas trop lointain, écoles primaires et collège(s) sous un même établissement ? L’heure n’est pas encore venue, mais une nouvelle architecture des enseignements du premier et du second degré devrait être ainsi mise en place autour d’"écoles du socle commun ». En attendant ces « établissements du socle commun », une première étape pourrait être franchie en s’appuyant sur une organisation déjà existante, les réseaux « ambition réussite » mis en place à partir de 2006. On sait que chaque réseau est piloté localement par un principal de collège, pour le second degré, et par un inspecteur de l’éducation nationale pour le premier degré. Un comité exécutif réunit ainsi le principal du collège, son adjoint, l’inspecteur et les directeurs des écoles.
M. REISS serait en train de nous concocter un projet de loi...

5. CLAIR /ECLAIR

Encore un beau dispositif qui instaure l’autonomie des établissements du 2nd degré, l’embauche des enseignants, sur profil, par le chef d’établissement, la création d’un "préfet des études", sorte de kapo choisi parmi la garde approchée du chef, et le resserrement sur le socle commun, sorte de SMIC des connaissances, bien suffisant pour les pauvres élèves du public !

Dans l’Académie, le Recteur aurait proposé aux établissements RAR d’entrer dans le dispositif CLAIR. Tous auraient accepté. Bien sûr, il y a des primes à la clé et puis... le recteur brandit la menace d’une suppression des moyens RAR à la rentrée 2011-2012 pour tous ceux qui n’entraient pas dans CLAIR. Au vu de la fronde croissante, il semblerait qu’un recul se dessine. Ce qui prouve que l’action est utile...

De toutes façons on perdra des moyens, même si on est en CLAIR. Exemple ? Versailles est en CLAIR. L’an prochain, il perd une trentaine d’heures (l’équivalent d’une classe).

Même le syndicat des Chefs d’établissement déclare être contre le recrutement de profs par le chef d’établissement.
Morceaux choisis : "Nous, chefs d’établissements membres du SNPDEN, ne voulons pas recruter les profs (Nlr latitude laissée aux principaux et proviseurs dans le cadre de CLAIR ) c’est une activité chronophage, une activité où il faut des compétences et je ne vois pas pourquoi nous dérogerions au statut de l’enseignement public. Là derrière tout cela, il y a des effets d’affichage, on est en train de noyer le poisson. Les Dotations Globales Horaires des établissements avec des élèves en difficulté devaient avoir plus de moyens, ils ne sont pas au rendez-vous" "Notre position sur la compétence des conseils d’administration est de recueillir l’avis des CA que l’on communique au rectorat, c’est lui qui décide. Si le CA émet un voeu de sortir , c’est de la responsabilité du Recteur et non du chef d’établissement" . "Nous condamnons les collègues qui empêchent les enseignants de s’exprimer sur le thème du maintien/sortie du dispositif" "C’est une politique qui, à notre avis, est en train de couler l’Education nationale". "Toute la politique qu’on essaie de nous faire avaler n’est que de l’habillage. Dans les trois lycées Zep de l’académie, les moyens sont à la baisse. Jusqu’à présent, nous pouvions mettre en place des études le soir et des cours pendant les vacances pour aider les lycéens à préparer les examens. depuis deux ans, ces moyens ont diminué de moitié. Ainsi au lycée Diderot, on ne peux organiser que cinq études du soir, alors que nous en proposions une douzaine auparavant. Nous avions de sessions de cours prenant toutes les vacances, maintenant cet effort se limite à quelques sessions de préparation du bac pendant les vacances de Pâques. Pendant ce temps, au lycée Thiers, les heures de colle, (Ndlr c’est à dire d’examens blancs) augmentent, c’est scandaleux on donne plus à ceux ont déjà beaucoup"

7. Elections professionnelle FP (Loi n° 2010-751 relative à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique )

Les élections professionnelles auront lieu à une date unique pour tous les fonctionnaires, dans la semaine du 17 au 21 octobre 2011. Les agents de l’Éducation nationale devront élire, en même temps, leurs représentants aux comités techniques (CT), qui ne seront désormais plus paritaires, et aux commissions administratives paritaires (CAP).

Par ailleurs, le scrutin se fera par voie électronique, ce qui n’autorise aucune vérification des syndicats.

Il faut savoir que les règles de représentativité des syndicats ont changé, ce qui mettra en danger l’existence des syndicats de lutte comme Sud Education (plus de décharges ni de moyens en dessous d’un certain seuil). Alors, votez et faites voter pour Sud Education !

8. Comment avoir moins de grévistes ? L’application MOSART (MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement) .
Les chiffres pris en compte par le ministère et les syndicats ont toujours été différents, mais cette fois, une remontée objective n’est même plus possible.. Les rectorats ne prennent plus en compte que le nombre de grévistes à 8h du matin par rapport au nombre total d’enseignants de l’établissement. Fini le deuxième comptage à 14h, tout comme la prise en compte du nombre de personnes effectivement attendues. Ne sont plus comptabilisés les enseignants qui commencent plus tard. Ne sont plus soustraits non plus les collègues n’ayant pas cours ce jour-là, en congé, en maladie, en formation … N’apparaissent plus les autres catégories de personnel, les administratifs par exemple. Ils rejoignent d’office les rangs des non-grévistes.

Exemple pour un collège de 48 professeurs :
avant : 33 attendus, 14 grévistes soit 42 % de grévistes ;
maintenant : 48 profs, 10 grévistes à 10 h soit 21 % de grévistes.
Autrement dit, pour cet exemple, moitié moins de grévistes !

C’est un système injuste qui ne peut refléter la réalité de la mobilisation contre la politique éducative du gouvernement. Le ministère cherche manifestement à diminuer le taux de grévistes.

9. Refus de réintégration après congé de disponibilité

De plus en plus souvent et cette année de façon systématique, des enseignants en disponibilité se voient refuser leur réintégration lorqu’ils en font la demande.

10. La visite médicale obligatoire... un droit à exiger !

L’administration est obligée de nous faire passer une visite médicale tous les 5 ans sauf que... c’est au personnel d’en faire la demande, en espérant avoir une réponse. Personne ne le fait. Or, nous sommes confrontés chaque jour en classe à des centaines de virus ou nous pouvons allègrement contaminer nos élèves. Lorsqu’une enseignante découvre par hasard qu’elle a une tuberculose, depuis combien de temps contamine-t-elle ses élèves sans le savoir (histoire réelle) ? De plus, les risques psycho-sociaux explosent dans notre profession, on le sait malgré l’omerta imposée par l’administration. Il serait peut-être plus difficile de nier le problème si les médecins du travail faisaient remonter nombres de plaintes, insomnies, dépressions, acoolisme, "pétages de plomb" dûs à nos conditions de travail.
Pour obliger l’administration a respecter la loi, demandons massivement une visite médicale à l’IA ou au Recteur !
(voir en PJ)

11. Prime pour les chefs

Les principaux de collège et les proviseurs de lycée pourront avoir droit à une prime de résultat allant jusqu’à 6 000 euros tous les trois ans, a annoncé, mardi 25 janvier, sur France Info le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, confirmant une information de RTL.
"Nous avons conclu un accord" en ce sens avec les syndicats représentant les chefs d’établissement, après "plusieurs mois" de discussions, a-t-il expliqué. Sud Education ne faisait pas partie de ces discussions. Mais pourquoi donc ? Peut-être parce que nous dénonçons une "mesure, [par laquelle]il cherche à « acheter » la complicité des chefs d’établissements et en faire des rouages dociles pour l’application de ses réformes de destruction du service public d’éducation...

11. Question sur la Pentecôte [en cours]


Documents joints

ModèleDemandeVisiteMédicale
ModèleDemandeVisiteMédicale

Navigation

Articles de la rubrique

  • Retour sur la RIS du 27 janvier 2011 (Parmentier)

Brèves

8 septembre - AG le 8 septembre à 18h

AG suivie d’un apéro de rentrée le vendredi 8 septembre à 18h au local de Sud Education, 29 bd (...)

10 février - AG journée le 10 février

Au local de SUD éducation 29 bd Longchamp 13001 Marseille Le vendredi 10 février, AG journée de (...)

19 janvier - 19 et 20 janvier 2017 : 2 jours de stage syndical sur les droits des non-titulaires

Pour lutter et agir syndicalement
à Marseille, au local

3 janvier - RIS

RIS le vendredi 27 janvier à 13h 30.

16 décembre 2016 - Ciné Solidaires

16 décembre à 19h
Projection du film "La sociale" au local, 29 bd Longchamp 13001 (...)