Un coup fatal à l’enseignement technique industriel en lycée

lundi 5 septembre 2011
par  SR
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Partie intégrante de la Réforme du lycée, la nouvelle filière d’enseignement technologique STI2D (Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable) sera proposée dès la rentrée 2011, en remplacement des actuelles STI (Sciences et Technologies Industrielles).

La « rénovation » de la filière technologique industrielle, vue par le ministère…

Les objectifs officiels de la réforme sont de retrouver un recrutement satisfaisant et d’élever le niveau de formation pour permettre aux élèves de poursuivre tout type d’études supérieures technologiques jusqu’au niveau bac + 5. L’énoncé est censé séduire élèves et parents, afin de cacher son véritable objectif : la fin de l’enseignement technologique industriel.

La filière STI2D comporte un tronc commun « d’enseignements transversaux » apportant dorénavant une formation pluritechnologique mêlant informatique industrielle, électrotechnique, énergétique, mécanique, étude des matériaux et génie civil. L’élève choisit une spécialité parmi quatre pour approfondir une partie du programme.

Le niveau scientifique visé en STI2D est sensiblement le même que celui de l’actuelle S SI (filière S, option Sciences de l’Ingénieur), seule diffère l’approche qui se veut, en STI2D, plus expérimentale. L’enseignement s’appuie désormais sur des supports censés apporter à la filière une image de modernité : objets high-tech, logiciels de modélisation et de simulation, etc.

Les Régions sont priées de financer les nouveaux (et coûteux) équipements des « laboratoires » qui pourront dorénavant être installés dans tout type de lycées.

Sur l’ensemble du cycle terminal, les moyens horaires dédiés à la formation technologique baissent d’environ 27 %. Par ailleurs le « travail à effectif réduit » n’est plus défini réglementairement : tronc commun et spécialités seront donc dispensés en division complète, sauf si l’établissement décide d’octroyer quelques heures prises sur le volant d’heures globalisées, au détriment des autres matières.

Enfin, le ministère postule qu’au terme de 3 années transitoires, un seul enseignant prendra en charge la classe, pour l’ensemble de l’enseignement technologique. Pour disposer de ce nouveau professeur, le ministère prévoit la mise en place d’un « ambitieux » dispositif de formation.

Un arsenal de restrictions budgétaires

Les dédoublements deviennent facultatifs grâce au recours au tronc commun et à des supports non dangereux d’utilisation.

La réduction de l’horaire dédié à la technologie amoindrit le poids des enseignements technologiques dans la formation de l’élève et assure des économies substantielles en postes d’enseignants. L’idée d’imposer un professeur unique polyvalent confirme clairement cette stratégie de liquidation des postes.

En ce qui concerne la reconversion des enseignants, hormis quelques heures de formation données entre février et juin 2011, les enseignants ont été invités, en dehors de tout cadre réglementaire, à s’auto-former et s’auto-évaluer grâce au compagnonnage et à un ensemble de modules disponibles sur le site Internet « Pairform@nce », en dehors de leur temps de service !

Le coup de grâce du ministère

La précipitation qui prévaut dans la mise en place de cette filière va rendre chaotique la prise en charge des élèves à la rentrée 2011 : les professeurs n’ont pas été réellement formés et la très grande majorité des labos, non encore équipés, ne seront pas opérationnels. Le niveau de formation de la STI2D est totalement en inadéquation avec le profil actuel des élèves recrutés en STI. Ces derniers pourraient bien se retrouver contraints d’avoir à choisir entre des études de haut niveau ou le lycée professionnel. Pour l’heure, avec la disparition de la spécificité française STI, se met bien en place une formation réservée à une élite.

Le ministère feint d’ignorer les difficultés induites par sa réforme et met en place une stratégie visant à donner le coup de grâce à l’enseignement technologique industriel en lycée.

La réforme STI2D est aussi un outil de gestion des personnels. Ainsi, les professeurs de physique appliquée, compétents dans l’étude des machines électriques, et n’ayant plus de raison d’être, ont été brutalement reversés en sciences physiques-chimie. D’ici quelques années, alors que la totalité des départs en retraite ne sera aucunement compensée et que les incitations à se reconvertir se seront multipliées, les professeurs de STI restants seront susceptibles d’occuper tout poste en rapport avec la technologie, de la 6e à la classe prépa. La technologie industrielle sera alors devenue discipline généraliste où les spécialités auront été gommées et, facteur aggravant, sans moyens horaires suffisants.

Au delà des choix qui touchent l’égalité des chances des élèves, fondement de l’école républicaine, la réforme STI2D permet de détruire des spécialités professionnelles. La conjugaison de ces deux stratégies portera un coup fatal à l’enseignement technique industriel en lycée.


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