La réforme… au péril du lycée général

lundi 5 septembre 2011
par  SR
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La montée de la réforme en première

Officiellement, il s’agit de permettre les réorientations en cours ou en fin d’année de 1ère et de rééquilibrer les séries.

Nous disions une réforme pour supprimer des postes.

Les DGH des lycées en baisse générale à la rentrée 2011, et la croissance des heures sup montrent que nous avions raison. On est loin des illusions syndicales sur une réforme à « coût constant ». Comme nous le disions, le tronc commun sert souvent, en l’absence de seuil d’effectif, à mélanger des élèves de séries différentes dans des classes surchargées. La mise en place de groupes de compétence en langue et les tentatives de faire financer certaines options sur le volant d’heures globalisées permettent aussi de faire des économies de postes.

Nous disions concurrence entre collègues, avec la fin des demi-groupes statutaires, pour obtenir une partie de ces heures dédoublées. En LV, l’enveloppe de 4h30 est ainsi à partager localement. Comme en seconde, c’est souvent une réalité que seule une action syndicale forte arrive à contrecarrer ou à limiter en refusant le partage de la pénurie.

Nous doutions d’un rééquilibrage des séries.

On assiste souvent à une poussée des demandes d’orientation en 1ère S. En effet, avec la possibilité de réorientation en fin de 1ère, « tenter une S » en fin de seconde devient bien plus envisageable… Où est le rééquilibrage ? La montée en 1ère de l’A.P qui a montré en 2nde son caractère inégalitaire et peu efficace ne devrait rien améliorer.

Nous revendiquons l’abandon total de cette réforme et un autre lycée repensé avec les personnels et les élèves.

Zoom sur 2 programmes très contestés en SES et en histoire-géo

Pour Sud éducation, la réforme du lycée a aussi une dimension idéologique libérale nettement perceptible dans les nouveaux programmes d’histoire-géo et de SES. Ces programmes sont infaisables de l’avis d’une majorité de collègues et cela les rend plus sélectifs pour les élèves déjà en difficulté.

Des programmes infaisables et plus sélectifs.

en histoire-géo, 48 études pour 4h de cours hebdo, cela signifie 2,5 h en moyenne par étude. Enseigner et préparer aux épreuves anticipées du bac en série S deviennent une gageure. C’est une des conséquences du programme de tronc commun s’arrêtant en fin de 1ère.

En SES, il y a encore 36 thèmes où s’empilent 128 notions. A raison de 5h de cours par semaine pendant 30 semaines, chaque thème devra être traité en 4h maximum : un saupoudrage inefficace sans le temps nécessaire aux apprentissages ni à une pédagogie active !

Des contenus à bien des égards contestables

En histoire, le tronc commun « couvrant » la période 1850-2000 a nécessité des coupes sombres et des regroupements contestables. Ainsi, « disparaissent » les idéologies du XIXe siècle, le mouvement ouvrier, le régime de Vichy et l’histoire politique et sociale de la France depuis 1962 ! Quelle formation du « citoyen » dans ce cadre ? Tous ces thèmes ne sont d’ailleurs pas réintroduits en terminale où l’enseignement obligatoire de cette discipline n’est plus assuré en S (45 % des lycéens !). L’étude des questions géographiques mondiales attendra la terminale, mais pour les seuls L / ES !

En SES, le découpage économie / sociologie interdit d’étudier un certain nombre d’objets sous ce double angle et consacre la séparation disciplinaire contraire à l’esprit même des SES.

Sud éducation s’est opposé à ces programmes de 2009 à 2011, notamment lors de leur présentation au Conseil supérieur de l’Éducation. Ils s’inscrivent pleinement dans la réforme du lycée que nous contestons : réductions horaires, reprise en main idéologique et contenus plus sélectifs socialement car plus difficiles à s’approprier par les élèves des milieux populaires.

Sud Éducation soutient donc les appels au contournement des programmes de 1ère lancés en juin par l’APSES (Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales) en Sciences économiques et sociales et par un collectif de collègues sur le site « Aggiornamento » en histoire-géographie.

Travaillons-y collectivement et exigeons une réécriture de ces programmes dans le cadre d’un lycée entièrement repensé.