A la douche !

samedi 26 avril 2014
par  SR
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Le feront-ils ?

était le titre de l’édito de notre journal du mois de juin 2012. Si la grande majorité de nos collègues s’est sentie très soulagée de la défaite de Nicolas Sarkozy, l’espoir investi dans le nouveau pouvoir était cependant très modéré. Il fut cela dit bien souvent demandé aux plus pessimistes de laisser un peu de temps à leurs nouveaux maîtres avant de jouer les Cassandre.

L’air du temps médiatique cloue aujourd’hui François Hollande au pilori de l’inaction. Cette vision de la présidence et du gouvernement est inexacte. Durant les mois d’été une grande "concertation pour la refondation de l’école" a été menée au ministère avec les organisations syndicales et des associations. Le bilan de ces réunions est inquiétant : M. Peillon ne semble pas enclin à solder l’héritage de ses prédécesseurs. La question qui nous anime n’est donc pas celle de l’inaction du gouvernement mais celle de son renoncement qui, s’il se précise, conférera à la trahison ... et à la douche froide.

Une promesse tenue : le décret du 7 mai 2012 sur l’évaluation des enseignants a été abrogé au journal officiel du 27 août 2012. C’est le seul réel soulagement de ce début de mandature.

Les promesses en suspens : les RASED sont quand même sacrifiés à la rentrée 2013, lorsque de nouveaux professeurs des écoles sont embauchés.

Les promesses oubliées :

1) La création de 60000 postes ne sera doute pas respectée et un certain nombre de ces emplois sera affecté à des non-titulaires, aggravant ainsi la précarité dans l’Education Nationale.
La répartition de ces 60000 postes ne concernait guère, de toute façon, que le premier degré. Dans les collèges et lycées, la valse des collègues en compléments de service sur deux ou trois établissements devrait se poursuivre et avec elle le cortège d’heures supplémentaires qui tue le recrutement au CAPES et épuise les volontaires qui, dépendant de leur chef d’établissement pour garder cette manne, s’éloignent du militantisme.

2) La masterisation est entérinée par le projet "emploi d’avenir professeur" qui crée un nouveau statut d’emplois aidés pour les étudiants se destinant à l’enseignement.

3) Le taux de remplacement restera toujours aussi faible dans le secondaire et aléatoire dans le primaire.

4) Les désobéisseurs qui prirent le risque de ne pas pratiquer la résistance passive et de mener un combat public, en leurs noms, contre les évaluations nationales à l’école, contre les rythmes scolaires absurdes et le renseignement de base-élève ne verront pas leurs sanctions levées par le nouveau gouvernement.

Pétition à signer en ligne : http://resistancepedagogique.org/petitions/index.php?petition=3

Les non promesses pour lesquelles il n’y aura pas eu de miracle :

1) Le socle commun qui est le levier d’une école à deux vitesses sera maintenu.

2) Maintenu également le livret personnel de compétence (LPC),véritable livret ouvrier qui suivra les élèves et les rendra employables (ou non), et menace à terme les diplômes et le code du travail.

3) Maintenu aussi le fichier base-élève à propos duquel le comité des droits de l’enfant a déclaré être « préoccupé par l’utilisation de cette application à des fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière et par l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations »

4) La chasse aux étrangers et à leurs enfants : cet été des campements de Rroms ont été démantelés dans toute la France, des enfants ont été enfermés avec leurs parents dans des centres de rétention.

Une fausse concertation

La concertation de cet été entre le ministère et les syndicats est en train de lever un voile. Nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes et sur le rapport de force que nous saurons instaurer pour changer un monde de l’éducation de plus en plus mortifère qui laisse de nombreux jeunes sur le carreau, assomme les autres d’évaluations, de compétences, d’item que l’on validera bientôt avec une telle pression que l’on en oubliera de faire cours.
Cette pression crois-sante qui rebute nombre d’étudiants à devenir enseignants, pousse de nombreux collègues vers le congé maladie, la prise de médicaments, le burn out et pour

certains d’entre eux, plus rares heureusement, le suicide.
Les causes de cette souffrance sont largement connues : elles ont pour l’essentiel leur origine dans les transformations libé-rales profondes qui ont progressivement été imposées au système éducatif ces dernières décennies : dégradation des conditions de travail, pressions, flicage et arbitraire hiérarchiques, mise en concurrence généralisée des personnels et des établissements, baisse du niveau de vie, limitation des garanties collectives...

SUD éducation continuera de défendre ses revendications pour une école démocratique, critique et émancipatrice.

Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations. SUD éducation s’emploiera à les construire et invite les personnels à se réunir dès la rentrée pour débattre des exigences à porter et des moyens à mettre en œuvre pour obtenir satisfaction.

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tract rentree 2012- a la douche

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