Contribution complémentaire du syndicat SUD Education AIX MARSEILLE

lundi 24 septembre 2012
par  SR
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SUD Education Aix Marseille a tenu à participer au CAEN extraordinaire du 18 septembre 2012 afin de témoigner de sa volonté de participer activement à la concertation sur la refondation de l’école.

Après des années de régression et d’attaques violentes contre l’Education Nationale qui a été sommée de suivre le modèle entrepreneurial en abandonnant toutes ses valeurs, les attentes concernant l’école étaient très fortes chez tous les acteurs de terrain, en particulier les enseignants et personnels. Bien que très sceptique sur une réelle volonté de large concertation, SUD éducation Aix Marseille a voulu jouer le jeu en participant au débat et en apportant des propositions concrètes.

Hélas ! La refondation de l’école est un projet très ambitieux pour toute notre société, qui l’engage à long terme et mérite longue réflexion et débat ouvert. Force nous a été de constater que ni la forme pyramidale et de haut en bas, ni le choix de se limiter à 2 thèmes, ni encore moins la précipitation avec laquelle les membres ont dû préparer cette réunion ne
peuvent répondre aux attentes de tout un peuple.

L’école est le reflet de la société, elle en prépare l’avenir. Sans réflexion la plus large et la plus sincère possible sur les fondements même de l’école et sa place dans la société, sans se laisser le temps nécessaire à l’élaboration d’un vrai projet de société, sans laisser la parole à tous, on ne pourra pas parler de refondation mais de cosmétique, d’aménagement à la marge.

Une preuve de plus nous a été donnée de l’inutilité des débats sans sincérité. Au moment même où était en cours la discussion sur la thématique « orientation », on apprenait la signature par le 1er Ministre et le président de l’Association des Régions de France d’un document présentant « 15 engagements pour la croissance et l’emploi » dont 2 concernent directement l’orientation. L’engagement nº 8 confie aux régions l’animation et la coordination du service public d’orientation tandis que le nº 12 transfère le pilotage et l’animation territoriale de l’offre d’Orientation Tout au Long de la Vie qui, jusqu’à présent, se limitaient à un public non scolaire. Détournés de leur mission initiale, les CIO vont, par ces
engagements, être associés au service de l’insertion professionnelle immédiate, aux besoins locaux de l’emploi.

A quoi bon discuter si les choix ont déjà été faits en coulisses ? Nous avons été habitués à cette perversion de la concertation par le gouvernement précédent. Nous aurions pu attendre mieux du suivant.

Pourquoi un calendrier si court et si peu de temps de réflexion et de débat si ce n’est pour donner l’apparence d’une concertation à un projet déjà ficelé dans ses grandes lignes ?

Faisons un rêve : il aurait été facile d’associer la population et particulièrement les acteurs de terrain de l’Education, enseignants, personnels, parents, associations péri-scolaires, groupes
de réflexion pédagogiques.
- Par exemple, libérons pour une année du temps de concertation en primaire en gelant l’Aide personnalisée qui a accablé les équipes tout en supprimant les RASED.
Cela aurait à la fois desserré l’étau et redonné confiance en la hiérarchie.
- Faisons confiance aux enseignants en les écoutant, eux qui sont les vrais experts de terrain, témoins de la dégradation et de l’inadéquation de l’école à la société. Retirer les sanctions des enseignants désobéisseurs, qui ont refusé certaines réformes particulièrement délétères et qui mènent une réflexion approfondie sur l’école : cela aurait été un acte fort !
- Gelons également toutes les bases de données qui se multiplient sous prétexte de « pilotage » par les chiffres.

Il ne s’agit que de quelques exemples.

SUD Education Aix Marseille reste persuadé que seule la prise en main de ce débat par le peuple assurera une réelle refondation de l’école publique et elle oeuvrera en ce sens.


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