Destruction des Rased

vendredi 17 octobre 2014
par  OF
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DELENDA RASEDO

Ref : Delenda Carthago – Il faut détruire Carthage -
Caton l’Ancien

Quand l’école était une chose sacrée et le savoir une quête ardente, le ministre de l’Instruction Publique s’appelait Jules Ferry et la République faisait de l’égalité dans l’éducation le fondement de notre jeune démocratie.
Aujourd’hui, l’école qui devrait être le levain de la société future est, pour nombre de jeunes, le douloureux apprentissage de l’échec.
Pour lutter contre l’échec scolaire, le Ministère de l’Education Nationale a mis en œuvre en 1990 une refonte du système d’aides spécialisées. Par cette réforme, les GAPP ( Groupes d’Aides Psycho- Pédagogiques) créés au cours des années 1970 deviennent les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux élèves en difficultés) où chaque intervenant voit son rôle davantage précisé au sein de l’école.
Parmi ces intervenants les rééducateurs assurent, dans l’école, en collaboration avec leurs collègues psychologues scolaires et enseignants de soutien spécialisé des missions de prévention et d’intégration en liaison étroite avec les familles et les maîtres.
Ils mettent en œuvre l’aide rééducative.
Mais les GAPP ne couvraient qu’un tiers du territoire et désormais il s’agissait – avec les mêmes moyens -de desservir une population scolaire sensiblement plus importante. (Toute école relève d’un RASED – circulaire avril 1990)
Dès lors, il apparaissait illusoire de penser que la prise en compte par l’école des enfants en difficultés, voire handicapés, puisse se réaliser sans moyens matériels humains et structurels à la hauteur de cette ambition.
Sans moyens, le résultat serait inverse et on irait vers plus de marginalisation puisque l’indifférence prendrait le pas sur l’intégration et il n’y aurait pas, pour autant, d’économie budgétaire puisque – à terme – l’éventuelle disparition de l’aide spécialisée au sein du service public d’éducation entraînerait un transfert des charges sur les assurés sociaux et sur les communes.
Assurés sociaux qui comprendraient mal qu’on tente de faire payer par la sécurité sociale ce genre de dépenses !
Pour devenir un instrument de démocratisation et desserrer l’étau des déterminismes sociaux il faudrait à l’école des moyens spécifiques en personnels spécialisés à moins que l’on considère que 30 à 40 % des enfants ne méritent pas une attention particulière, ce qui serait parfaitement indigne dans un pays dont la devise contient les termes d’égalité et de fraternité.
A cet égard, la décision récente de laisser sur les Bouches du Rhône une quinzaine de postes de rééducateurs sans titulaires (puis d’en fermer 9 !) et la réduction à zéro de leur recrutement ces dernières années ne peut apparaître que comme des mauvais coups portés aux enfants en situation de difficulté scolaire. La disparition de 90% des stages nationaux réservés aux rééducateurs de même qu’une baisse de 20 à 30 % , selon les lieux, de stages académiques ou départementaux – ceci aggravant cela --- compromet toute formation continue sérieuse et rigoureuse.
Si la politique est bien l’art de rendre possible ce qui est nécessaire et qu’ignorer les différences ne fait que les amplifier alors, nous concevons –comme Jules Ferry – l’égalité des chances et l’égalité d’éducation d’abord comme un moyen de réformer la société.

J’ écrivais ces lignes, parues alors dans les bulletins syndicaux et la presse locale en...mai 1995 !
Qu’en est il aujourd’hui de ces structures dont l’ambition était de permettre au plus grand nombre d’enfants de connaître la réussite à l’école ou par l’école et de faire de l’échec une étape positive vers cette réussite plutôt qu’un amer constat de fatalité ?
Dans le département :
Zéro rééducateurs RASED ( 175 en 1995)
97 maîtres E. Adaptation (158 en 1995)
113 psychologues (102 en 1995)
Les RASED ne sont plus à même de fonctionner !
Qu’en est il aujourd’hui de ce ’’droit de tout enfant d’éprouver des difficultés –même importantes -dans sa psycho jeunesse et en particulier concernant les apprentissages ? ’’ ( Yvan Darrault)
Que propose-t-on à ces centaines de milliers d’élèves (au plan national) aux difficultés souvent multifactorielles et complexes qui ne tirent pas profit – ou trop peu -de l’aide apportée par leurs enseignants et qui, pour autant, ne relèvent pas de prise en charge extérieure à l’école ?
Afin que l’école de la République retrouve son rôle dans la réduction des inégalités et assure la réussite de tous les jeunes en tous points du territoire, un collectif RASED 13 s’est constitué le 4 juin 2014 réunissant, ce jour là :
l’AFPEN, l’AME, l’AREN, la FCPE, le SGEN CFDT, le SE UNSA, le SNUDI FO ; le SNU IPP
absents excusés :
l’AGEEM, l’ANCP ; CGT EDUC ACTION, la PEEP ; SUD EDUCATION

« Une école qui s’effondre, c’est une prison qui s’ouvre » (Michel Onfray)

Marc Morel
Ancien Président des AREN 04 puis 13
Ancien membre du bureau de la FNAREN


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