Soutien aux collègues de La Castellane

Courrier du collectif d’enseignants de La Castellane
mercredi 11 février 2015
par  GUERDA
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A la suite des événements qui se sont déroulés dans la cité de La Castellane le lundi 9 février 2015, les deux groupes scolaires ont décidé d’exercer leur droit de retrait et de se réunir pour témoigner ensemble d’une situation de travail devenue de plus en plus préoccupante.

A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue ce mardi 10 février, l’ensemble des enseignants des quatre écoles (soit 47 enseignants, 1 infirmière et 1 psychologue) a décidé de la création d’un collectif.
C’est au nom de ce collectif que les problèmes suivants ont été soulevés :

La situation géographique au sein de la cité où règne une zone de non-droit, génère de plus en plus un climat d’insécurité psychologique et physique importants : incendies de classes, personnels et véhicules caillassés, tirs de kalchnikovs à proximité des écoles en plein jour, représailles, intimidations écrites et verbales, cambriolages, vandalisme (cf. fiches d’états lieux de chaque école).

Sur le plan psychologique, les constats sont les suivants :

- les familles se disent prisonnières de la cité et vivent quotidiennement dans l’angoisse, la peur des balles perdues ou des affrontements. Cela accentue le fort taux d’absentéisme déjà important dans nos quartiers.
- les enfants, confrontés à cette situation intègrent la violence comme un mode de fonctionnement et la banalise. Ils ont d’autres préoccupations que l’apprentissage.
On constate par ailleurs lors des inscriptions une hyper-paupérisation de la population s’installant à la Castellane. Cela devient préoccupant au regard de la diminution (voire la disparition totale) des moyens d’aide (RASED, psychologue, PARE, infirmières et médecins scolaires...) et de l’augmentation constante des effectifs dans les classes.
Il nous incombe de prendre en charge à ce jour l’ensemble des élèves en difficulté, toujours croissant.

Dans le cadre du dispositif REP+, nous nous inquiétons de l’absence de texte garantissant une limitation des effectifs dans les classes. Nous sommes sous la menace constante de fermetures de classes.

Sur le plan matériel, nos conditions de travail sont aussi impactées par l’insalubrité des locaux. Nous pouvons noter une défaillance de la mairie de Marseille en ce qui concerne l’entretien et la mise en sécurité de ces derniers (température le matin de 11°C à l’arrivée des élèves, amiante, infiltrations, serrures et fenêtres qui ne fonctionnent pas ou qui sont défectueuses, problèmes récurrents de plomberie et d’électricité...cf fiche annexe). En outre, pour obtenir l’intervention des services compétents il faut attendre des mois...voire des années. Nous constatons également une réduction d’effectifs au niveau du personnel municipal.

Pour toutes ces raisons, nous demandons :

A l’état :

- un désenclavement du quartier
- une protection quotidienne des services de police aux abords des quatre écoles tant que perdurera l’enclavement du quartier
- le rétablissement des personnels du RASED et le renforcement du dispositif « plus de maîtres que de classes »
- le renforcement des mesures du pacte de cohésion sociale sur Marseille et leurs pérennisations
- des effectifs bloqués à 20 par classe
- plus de médecins scolaires, d’infirmières pour les questions d’hygiène, de santé et d’alimentation
- un renforcement des moyens pour instaurer une relation entre les familles et les partenaires médicaux

A la mairie de Marseille :

- l’entretien normal, régulier et réactif des locaux par un personnel formé et en nombre suffisant
- une augmentation des effectifs des ATSEM et des agents d’entretien
- une ATSEM par classe de maternelle, comme cela se fait dans toutes les autres communes
- la mise aux normes rapide des systèmes de sécurisation de nos écoles : portes, fenêtres, alarmes, portails
- une température confortable dans nos classes dès l’accueil du matin !
- le remplacement systématique des concierges en cas d’absence
- la concrétisation de l ‘affectation des AVS

A notre circonscription :

- le remplacement systématique des enseignants en cas d’absence
- un soutien constant et fiable de notre hiérarchie
- une prise de responsabilités juridiques de notre hiérarchie

En conclusion, nous demandons une rencontre urgente entre tous les acteurs de la communauté éducative du quartier (Etat, éducation nationale, Mairie) et nous appelons à une assemblée générale au collège Henri Barnier ce vendredi 13 février à 13h réunissant les personnels des écoles et collèges du quartier ainsi que les parents d’élèves.


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