COVID-19 / Les AED ont aussi le droit d’être protégé-es, mettons fin aux abus.

Courrier de SUD éducation 13 au recteur de l’académie d’Aix-Marseille
jeudi 8 avril 2021
par  GUERDA
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Alors que les établissements scolaires sont à nouveau fermés et que le travail a distance est la règle, certaines catégories de personnels ne sont pas tous logés à la même enseigne. Dans de trop nombreux établissements nous constatons d’important abus concernant les Assistant-es d’Education (AED) que l’on oblige bien souvent à se présenter sur site au mépris de leur sécurité et du bon sens.


Monsieur le Recteur de l’académie d’Aix-Marseille,

Nous nous étonnons de la différence de traitement dont les AED des Bouches-du-Rhône sont l’objet à l’occasion de ce troisième confinement national.

De nombreux.ses chef.fe.s d’établissement demandent à l’ensemble des vies scolaires de se rendre sur leur lieu de travail par nécessité de service. A titre d’exemple, sur certains établissements, l’ensemble de l’équipe devait être présente le mardi 06 avril.

Nous nous étonnons qu’un tel traitement leur soit réservé puisque, comme l’a rappelé le président de la République, la fermeture des établissements scolaires a pour but de freiner l’épidémie et de protéger élèves, parents et personnels. Le maintien dans les établissements d’équipe de vie scolaire non seulement n’a aucun sens mais aussi s’avère dangereuse et inutile.

Les AED continuent à être exposé.e.s aux risques en prenant les transports en commun et en étant en contact avec d’autres personnels et usagers dans l’établissement. Rappelons que si le télétravail doit être systématisé pour endiguer la propagation du virus, il est parfaitement aberrant de constater une telle pratique dans notre département et nous en alertons Monsieur le Recteur.

Certain.e.s chef.fe.s d’établissement se justifient par le fait que les tâches qu’ils confient aux AED ne peuvent pas être effectuées à distance. Dans la grande majorité des cas, cela est inexact et des moyens existent pour permettre le télétravail. Il était parfaitement possible d’organiser cela en fournissant le matériel nécessaire aux personnels pour effectuer un grand nombre de leurs missions à distance. Nous rappelons que, dans la fonction publique comme dans le secteur privé, c’est à l’employeur de fournir l’équipement nécessaire à un agent pour qu’il effectue ses missions. Les AED comme les autres personnels de l’Education Nationale n’ont pas à payer de leur santé et de leur sécurité l’impréparation de cette nouvelle fermeture des établissements pourtant prévisible.

Contrairement à ce qu’annoncent de nombreuses directions d’établissements, nous constatons que les missions confiées durant cette période (formation, archivage de bulletins...) ne sont en rien des missions prioritaires. Certaines tâches confiées ne semblant même pas rentrer dans la circulaire du 11 juin 2003.

Si les établissements restent partiellement ouverts pour les publics dit prioritaires, cet accueil se fait, en ce qui concerne les personnels enseignant.e.s et les AED, sur la base du volontariat. Lors du premier confinement, celui-ci a même été compensé par l’attribution d’une prime pour des enseignant.e.s. Il n’est donc ni normal, ni légitime que les personnels AED, parce que précaires, soient exclus de la démarche par volontariat et privés de l’accès à cette prime Covid.

Nous rappelons également à Monsieur le Recteur que cette année scolaire a été marquée par une mobilisation sans précédent des Assistant-es d’Education. L’un des points de départ de ce mouvement était lié à la surcharge de travail liée à l’application du protocole sanitaire dans les établissements. Les AED ont multiplié les jours de grève dans l’espoir d’être entendu.e.s et pris.e.s en considération par l’administration et l’Education Nationale. Ils et elles ont exprimé leur rejet de la précarité de leur statut ainsi que leur colère contre les inégalités dont ils et elles sont les victimes.

Alors qu’ils et elles sont au front depuis le premier jour et qu’ils et elles ont rendu possible le respect d’une grande partie du protocole sanitaire, ce n’est pas leur rendre justice que de les traiter une nouvelle fois avec mépris. Les AED, particulièrement exposé.e.s, comptent aussi parmi les personnels les plus touchés par la maladie.

Il n’est pas envisageable que de telles pratiques se reproduisent lors de la rentrée des vacances de Printemps.

SUD éducation 13 demande donc :

- que le rectorat d’Aix-Marseille intervienne et rappelle à l’ensemble des établissements que le télétravail est la règle.
- à ce qu’une prime Covid soit versée aux personnels AED.